[Fashion Now] L’ARTY SHOW

Les prémices de l'Arty: la robe Mondrian par YSL (1965)

L’Arty mais kézako ? Bon, en même temps, dans « arty », il y a « art » donc facile de se faire une idée même si on ne sait pas précisément de quoi il s’agit…

L’Arty consiste à se servir de l’art en le transférant dans un autre domaine pour fusionner en interaction. Et qui mieux que la mode, en tant qu’art en soi, pouvait se servir de l’Art pour assouvir une relation propice au mélange donnant naissance à des objets hybrides à mi chemin entre la peinture et l’habillement.

Le premier a avoir emprunté cette voie et perçu cette possibilité fut Saint Laurent. Styliste de génie, il prit un tableau d’un maître de l’art abstrait comme support pour en faire le motif intégral d’une de ses robes à présent connue de tous: la célèbrissime « robe Mondrian » d’Yves Saint-Laurent. A qui ça ne parle pas un minimum?

Le styliste avait donc ouvert la porte à cette tendance où la mode se sert de l’Art pour créer. Nombreuses furent les intéractions entre les 2 champs par la suite.

Le "Prada Manga"

On se souvient entre autres des robes tableaux de Castelbajac puis de Prada tentant le mix avec l’art du manga pour des collections d’inspiration onirique.

Givenchy VS Op'Art. On aime ou pas mais ça en jette!

Et l’Arty n’a pas fini son show. Prada se sert de l’œuvre de Pollock le temps d’une collection. Givenchy utilise l’Op’ Art pour nous en mettre plein le vue! Elsa Schiaparelli a également collaboré avec des surréalistes tels que Dali pour ses créations et a été détourné la fonction première du vêtement en faisant de la chaussure un chapeau! Il fallait y penser…

Elsa & Dali... Surréaliste n'est-ce pas?

En 1989, Martin Margiela fait un défilé où les mannequin marchent avec de la peinture rouge sur un tapis blanc. Cette toile géante façon « action painting » servira de base à sa collection suivante. Original! C’est le moins qu’on puisse dire!

Et plus récemment Maloles, créatrice espagnole, se sert de ses propres dessins pour décorer ses ballerines et chaussures. A présent, à chaque nouvelle saison les créateurs essaient de trouvent une façon  inédite d’utiliser l’Art dans leurs collections.

Les robes tableaux de Castelbajac

Mais une question me vient à l’esprit ? La mode valorise t-elle l’Art ou le détruit-elle ? Une œuvre est singulière, unique tandis que la mode, ne l’oublions pas, est une industrie… Alors est-ce rendre une sorte d’hommage à une œuvre en l’utilisant ou la banaliser en faisant d’elle une vulgaire sérigraphie tirée à des milliers d’exemplaires sans plus aucune valeur.

A mon goût, l’Arty devrait rester un art avant tout comme Saint Laurent le suggérait au prémices du mouvement en faisant d’une pièce unique une autre pièce unique à la valeur esthétique sublimée et vouée à la contemplation, telle une véritable œuvre d’art. C’est dit !

[Séquence Expos la suite] Les Arts Déco du Musée Fabre

Ouvert depuis le 6 février dernier, le département des Arts Décoratifs est un véritable petit bijou.

Cette extension du musée est hébergée dans l’hôtel particulier de Cabrières-Sabatier d’Espeyran construit à la fin du XIXème pour un comte membre de la haute société montpelliéraine. Il fut légué par sa petite fille, Frédérique Sabatier d’Espeyran, à la ville de Montpellier en 1967 qui le confia à la communauté d’Agglomération en 2003. Cette dernière entreprit un projet de rénovation pour le transformer en musée d’Arts décoratifs où l’on découvre le cadre de vie des sociétés bourgeoises du XVIIIème et XIXème siècles.

Les lieux ont été magnifiquement restaurés dans un respect de l’aspect originel. Fort appréciable car c’est loin d’être toujours le cas…

Cet hôtel particulier est composé de deux étages avec un majestueux escalier central majestueux ornés de trompes l’œil à couper le souffle par leur ultra réalisme.

Au rez de chaussée, une salle est dédiée aux porcelaines, céramiques et à l’orfèvrerie.

Dans les appartements du premier étage, on retrouve le mobilier et les objets d’art de la période Louis XVI. Les tapisseries murales et tissus d’ameublement, provenant de renommées soieries lyonnaises, recréent parfaitement le décor d’antan. On ne peut que féliciter et admirer ce minutieux travail de restauration absolument réussi qui nous replonge dans l’ambiance de cette époque riche au niveau des Art décoratifs.

Puis le second étage nous dévoilent les collections personnelles de la famille d’Espeyran ainsi que celles de Jean-Pierre Rouayroux, un autre donateur.

Un cadre d’exception mis en valeur par un travail de rénovation d’une qualité irréprochable et avec des collections riches et luxuriantes. Une dépendance du Musée Fabre qui vaut vraiment le détour!

En plus, les visiteurs ont droit gratuitement à des Ipods pour une visite interactive dernière génération. Que demande le peuple?

[Séquence Expos spécial Montpellier] Focus sur le Musée Languedocien et l’exposition « Splendeurs & Eternités »

Extérieur Musée Languedocien

Petit flashback sur l’histoire de ce musée.

A l’origine, fondé en 1833, le palais Jacques Coeur abritait la société archéologique à l’époque dirigée par son premier président, Jules Renouvier. Ce dernier mena une politique active d’acquisition et de développement du patrimoine culturel qui fut toujours entretenu par la suite.

En 1910, la société archéologique y établit son siège officiel et y rassemble toutes ses collections.

En 1922, le palais et ses collections prennent l’appellation de Musée Languedocien.

En 1931, le palais Jacques Cœur est classé monument historique.

Le président actuel, Laurent Deguara, veillent toujours au développement des collections et au rayonnement culturel du musée en organisant des expositions conséquentes, des conférences régulières…

Au sein de ce cadre exceptionnel, se tient à présent l’exposition « Splendeurs et éternités des civilisations de Méditerranée ».

Dans cette exposition à l’ampleur nationale et inédite de par son envergure, les quatre plus grandes civilisations antiques du bassin méditerranéen sont à l’honneur : grecque, égyptienne, romaine et étrusque.

Plus de 500 objets uniques sont exposés dans les divers étages et les multiples salles de cette magnifique bâtisse.

Vases, amphores, colonnes, sarcophages… autant de pièces révélant la richesse de ces cultures et leur raffinement ultime en matière de décoration d’objets du quotidien aujourd’hui considérés à juste titre comme objets d’art et dans l’architecture avec un sens accru de l’esthétique. Une beauté que le temps n’a su altérer et devant laquelle nous sommes toujours autant admiratifs.

Par ailleurs, des objets d’art moderne se mêlent ça et là aux objets antiques et diversifient le décor toujours dans un même souci d’harmonie visuelle.

Pour créer cet évènement, le musée s’est servi à la fois de ses collections (de la société archéologique) mais a fait appel à des collections privées pour compléter cet ensemble riche et varié.

Une exposition qui nous montre la beauté d’une époque faste à l’art où l’antiquité nous dévoile, le temps d’une visite, toutes ses splendeurs éternelles.

Dans la mode, il y a des « must have » alors les expos il devrait y avoir des « must see » (ce qu’on doit voir absolument) et celle-ci en ferait définitivement partie !