

Puis vient la question de fameux seuil : « A partir de quels critères peut-on dire d’un homme qu’il est efféminé ? ». Et là encore, les réponses me paraissent ultra subjectives et variables selon divers contextes.
Par exemple, le contexte géographique et social, pour me reprendre à partie, je pense être considéré comme un mec branché sur Paris et que l’on ne perçoit pas d’emblée comme gay mais par contre, je pense paraître efféminé dans un contexte campagnard style au fin fond de l’Auvergne ou du Centre où mon style « pas assez basique » et trop raffiné pourrait choquer les autochtones !
Idem pour le milieu pro : il est à l’évidence plus simple de travailler dans des lieux culturels ayant une certaine ouverture d’esprit où l’on peut s’assumer et se montrer tel que l’on est plus facilement plutôt que dans une usine ou dans bons nombres de métiers manuels où les collèges (si l’on peut dire !) se délectent à loisir de traiter les autres de « tapettes » pour un oui ou pour un non!
Les milieux intellectuels sont généralement plus ouverts à l’homosexualité que les milieux manuels, c’est un fait malheureusement avéré.
J’avoue qu’il est difficile de s’assumer dans certains contextes même si on en a l’envie et la volonté car d’un autre côté, on n’a pas non plus envie de se faire taper par des abrutis guère enclins à la discussion.
Pour le contexte social, c’est pareil ! Plus facile d’avoir l’air « folle » en plein milieu du Marais plutôt qu’en banlieue. D’ailleurs une enquête vient d’être menée par Franck Chaumont qui a fait publié un livre témoignage en Octobre dernier sur le sentiment d’exclusion des gays dans les cités et leur difficulté à vivre leur homosexualité: « Homo-Ghetto », un livre poignant que je conseille à tous, ceux la réalité de ceux que l’on ignore un peu trop…
En ce qui me concerne, je me suis toujours volontairement dirigé vers des métiers ou des filières dites « ouvertes » dans des sections littéraires à la fac puis des boulots dans des structures culturelles, dans la communication puis la mode où le fait d’être homo fait parti des mœurs et ne dérange personne.
Pour me loger, c’est pareil, je vise toujours les quartiers tranquilles. S’ils sont branchés ou gay friendly c’est encore mieux pour me sentir à l’aise et ne pas avoir a toujours checker mes manières, ma façon de m’habiller et j’en passe, pour ne pas me faire persécuter. Mon choix de vivre sur Montpellier n’est pas anodin, c’est une ville agréable à vivre mais surtout reconnue à juste titre pour être gay friendly !
Bref, être efféminé ou « faire gay » n’est pas toujours une mince affaire et à chacun sa réponse au problème…
Besoin viscéral de le cacher pour ne pas être stigmatisé ou décision prise de l’assumer et se foutre plus ou moins du regard des autres. Le regard des autres est à l’évidence décisif comme l’importance qu’on lui donne.
Par contre, la différence principale se situe entre le fait d’agir en fonction des autres ou agir pour soi et son bien-être. Facile à dire mas pas forcément à faire ! Les conditions ne sont pas idéales partout.
Un conseil : ne pas se perdre dans le faire semblant qui dénigre sa nature profonde. Assumer tant que possible celui que l’on pense être et ne jamais perdre de vue l’idée que l’on ne peut et ne doit être juger sur les apparences, c’est de la discrimination pure et dure !
Alors Messieurs, soyons nous même ! Ceux qui ont tort, ce sont ceux a qui ça pose problème !
