[Critique Cinéma] Le Fil

Synopsis (extrait de www.evene.fr)

De retour en Tunisie, après la mort de son père, Malik, la trentaine, doit à nouveau vivre chez sa mère. Il voudrait lui dire qu’il aime les hommes, mais il n’y arrive pas et s’enfonce dans ses mensonges. Lorsqu’il rencontre Bilal, tout devient possible : le jeune architecte, son amant et sa mère s’affranchissent des interdits pour embrasser pleinement la vie. Dans la chaleur de l’été tunisien, chacun va toucher du doigt le bonheur auquel il a longtemps aspiré.

Mon avis:

Un film gay mais pas cliché pour autant et c’est là sa force! Le film nous parle du combat d’un jeune architecte maghrébin pour faire accepter son homosexualité à son entourage et surtout à sa mère. Son combat n’est pas uniquement celui-ci, il sera également de faire accepter dans son milieu aisé sa relation avec un homme issu de la classe populaire.

L’atout principal du film est de traiter de plusieurs sujets autour de l’homosexualité comme les relations gays mais aussi lesbiennes dans un pays (la Tunisie) où ce ne sont pas acceptées mais aussi de l’homoparentalité, de l’émancipation de la femme en général et du conflits des classes sociales dans des pays où la notion de castes est toujours très présente.

Tous ces sujets sensibles sont abordés sous le même angle: celui de la tolérance. Le film prône l’ouverture d’esprit, le respect de l’autre et la compréhension face aux différences, l’égalité des sexes et j’en passe!

Tous ces combats sont menés par le fils mais aussi ensuite par sa mère qui vont avoir au final qu’un seul et unique but: l’épanouissement personnel et le bonheur à vivre le plus simplement du monde, libéré des contraintes et des obligations culturelles et sociales.

L’image véhiculée par cette toile est résolument positive. Le jeune homme n’a jamais honte de ce qu’il est et va mener son combat la tête haute en n’endossant jamais l’image (trop communément véhiculé) de la victime. Son histoire d’amour avec Bilal, le jardinier, va l’aider à mener son combat et à se révéler auprès de sa mère.

« Le fil », titre du film, est une allégorie désignant un fil symbolique et imaginaire qui s’enroule autour de lui et qui l’emprisonne. Ce fil représente en réalité toutes les traditions, la famille, la morale… qui l’empêche de vivre librement sa vie et dont il doit à tout prix se libérer en disant toute la vérité sur lui à sa mère, pour enfin couper ce cordon qui l’étouffe.

Des acteurs très mignons, une Claudia Cardinale resplendissante et toujours aussi talentueuse dans son rôle de mère conservatrice mais ouverte qui évolue sur la question de l’homosexualité au point d’en venir une progressiste résolument moderne à la fin.

Un film qui prône le bonheur, l’épanouissement personnel dans un vent d’optimisme plus que bienvenue dans un air du temps bien trop morose! Un film qui détonne pour faire avancer les mentalités en général et qui n’a qu’une devise pour tout un chacun: la quête du bonheur et de la paix intérieure. Une belle leçon de vie!

A voir pour admirer la prestance toujours inaltérée de Claudia Cardinale et pour le message résolument positif et avant gardiste que le film véhicule!


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