[Séquence Expos la suite] Les Arts Déco du Musée Fabre

Ouvert depuis le 6 février dernier, le département des Arts Décoratifs est un véritable petit bijou.

Cette extension du musée est hébergée dans l’hôtel particulier de Cabrières-Sabatier d’Espeyran construit à la fin du XIXème pour un comte membre de la haute société montpelliéraine. Il fut légué par sa petite fille, Frédérique Sabatier d’Espeyran, à la ville de Montpellier en 1967 qui le confia à la communauté d’Agglomération en 2003. Cette dernière entreprit un projet de rénovation pour le transformer en musée d’Arts décoratifs où l’on découvre le cadre de vie des sociétés bourgeoises du XVIIIème et XIXème siècles.

Les lieux ont été magnifiquement restaurés dans un respect de l’aspect originel. Fort appréciable car c’est loin d’être toujours le cas…

Cet hôtel particulier est composé de deux étages avec un majestueux escalier central majestueux ornés de trompes l’œil à couper le souffle par leur ultra réalisme.

Au rez de chaussée, une salle est dédiée aux porcelaines, céramiques et à l’orfèvrerie.

Dans les appartements du premier étage, on retrouve le mobilier et les objets d’art de la période Louis XVI. Les tapisseries murales et tissus d’ameublement, provenant de renommées soieries lyonnaises, recréent parfaitement le décor d’antan. On ne peut que féliciter et admirer ce minutieux travail de restauration absolument réussi qui nous replonge dans l’ambiance de cette époque riche au niveau des Art décoratifs.

Puis le second étage nous dévoilent les collections personnelles de la famille d’Espeyran ainsi que celles de Jean-Pierre Rouayroux, un autre donateur.

Un cadre d’exception mis en valeur par un travail de rénovation d’une qualité irréprochable et avec des collections riches et luxuriantes. Une dépendance du Musée Fabre qui vaut vraiment le détour!

En plus, les visiteurs ont droit gratuitement à des Ipods pour une visite interactive dernière génération. Que demande le peuple?

[Séquence Expos spécial Montpellier] Focus sur le Musée Languedocien et l’exposition « Splendeurs & Eternités »

Extérieur Musée Languedocien

Petit flashback sur l’histoire de ce musée.

A l’origine, fondé en 1833, le palais Jacques Coeur abritait la société archéologique à l’époque dirigée par son premier président, Jules Renouvier. Ce dernier mena une politique active d’acquisition et de développement du patrimoine culturel qui fut toujours entretenu par la suite.

En 1910, la société archéologique y établit son siège officiel et y rassemble toutes ses collections.

En 1922, le palais et ses collections prennent l’appellation de Musée Languedocien.

En 1931, le palais Jacques Cœur est classé monument historique.

Le président actuel, Laurent Deguara, veillent toujours au développement des collections et au rayonnement culturel du musée en organisant des expositions conséquentes, des conférences régulières…

Au sein de ce cadre exceptionnel, se tient à présent l’exposition « Splendeurs et éternités des civilisations de Méditerranée ».

Dans cette exposition à l’ampleur nationale et inédite de par son envergure, les quatre plus grandes civilisations antiques du bassin méditerranéen sont à l’honneur : grecque, égyptienne, romaine et étrusque.

Plus de 500 objets uniques sont exposés dans les divers étages et les multiples salles de cette magnifique bâtisse.

Vases, amphores, colonnes, sarcophages… autant de pièces révélant la richesse de ces cultures et leur raffinement ultime en matière de décoration d’objets du quotidien aujourd’hui considérés à juste titre comme objets d’art et dans l’architecture avec un sens accru de l’esthétique. Une beauté que le temps n’a su altérer et devant laquelle nous sommes toujours autant admiratifs.

Par ailleurs, des objets d’art moderne se mêlent ça et là aux objets antiques et diversifient le décor toujours dans un même souci d’harmonie visuelle.

Pour créer cet évènement, le musée s’est servi à la fois de ses collections (de la société archéologique) mais a fait appel à des collections privées pour compléter cet ensemble riche et varié.

Une exposition qui nous montre la beauté d’une époque faste à l’art où l’antiquité nous dévoile, le temps d’une visite, toutes ses splendeurs éternelles.

Dans la mode, il y a des « must have » alors les expos il devrait y avoir des « must see » (ce qu’on doit voir absolument) et celle-ci en ferait définitivement partie !

[Cinéma] « A Single Man » Tom Ford

Date de sortie cinéma : 24 février 2010

Réalisé par Tom Ford
Avec Colin Firth, Julianne Moore, Nicholas Hoult, plus

Long-métrage américain. Genre : Drame
Durée : 1h40 min Année de production : 2008
Distributeur : Mars Distribution

Si l’on s’attendait à cela ? Certainement pas. Après une carrière fulgurante en tant que créateur de mode dans les maisons Gucci et Yves Saint Laurent avant de créer sa propre marque, voilà que le couturier sulfureux fait ses premiers pas au cinéma en dirigeant son premier long métrage «A Single Man », adaptation du roman éponyme de Christophe Isherwood publié en 1964.

Une fois de plus, il faut se rendre à l’évidence, Tom Ford a du talent même pour le 7ème art et signe un petit chef d’œuvre sans la moindre rature. Un sans faute. Et du premier coup qui plus est ! De quoi faire des jaloux…

Cette toile nous replonge au cœur des sixties, à L.A . « A Single Man » nous conte l’histoire d’un homme, George (Colin Firth), professeur d’université qui vient de perdre le grand amour de sa vie, Jim (Matthew Goode) dans un tragique accident de voiture.

Tom Ford nous fait pénétrer dans les sentiments intimes de ce personnage magnifiquement interprété par Colin Firth qui a d’ailleurs obtenu le Prix d’interprétation masculine au dernier festival de Venise.  Tom Ford nous décrit avec des images et un discours toujours justes sa tristesse inconsolable, sa peine  insurmontable due à cette perte qui le mène à envisager l’irréparable.

Tom Ford nous montre en permanence cet amour passionnel et fusionnel qu’il a vécu avec Jim puis son impossibilité à vivre sans lui, tout le ramenant à ce dernier, à cet idéal perdu qu’il ne pourra retrouver.

Ce personnage central à l’allure rigide, ne laisse rien paraître en public de ses émois personnels. Seule Charley (Julianne Moore), amis de longue date et anciens amants, sera son unique confidente. Il va arriver à se laisser aller et lui à parler de ses tourments les plus profonds. Elle va parvenir à lui apporter un certain réconfort car elle aussi est rongée par le même sentiment de solitude extrême.

Au fil du temps et de ses rencontres, il va se rendre compte de la possibilité d’un «après Jim » même si au final personne ne l’efface. Ainsi, un de ces étudiant, amoureux de lui, insiste pour le voir en dehors des cours et pour qu’il se dévoile un peu plus. Après maints efforts, ce jeune homme va arriver à ranimer cet homme qui va renoncer à son suicide qu’il préméditait depuis longtemps jusqu’à ce que la mort s’empare de lui autrement…

« A Single Man » est un film bouleversant car Tom Ford décrit avec justesse et finesse les émotions du personnage sans jamais sombrer dans le mélodramatique ni la mièvrerie. Les flashbacks de son ancienne vie avec Jim arrivent toujours au bon moment comme pour soutenir le fait que son présent et son hypothétique futur ne pourra jamais rivaliser avec son passé, ce qu’il a vécu d’exceptionnel et d’exclusif avec Jim. L’histoire d’un drame, la perte de l’être aimé sans lequel la vie n’a plus de sens relevant cette question commune à tout un chacun : « Comment surmonter la perte de quelqu’un que l’on aime plus que tout, plus que sa propre vie ? ». En cela, le film de Tom Ford a une portée universelle.

Dans cette univers proche de celui de Lynch et d’une caméra rappelant celle de Breitman, Tom Ford puise son esthétisme de l’univers de la mode avec un goût pour un raffinement ultime dans le choix des tenues et des décors. Le réalisateur affirme d’ailleurs : « La mode m’a aidé à comprendre la position d’un plan, la lumière et l’importance des images ». Le film nous submerge d’images « so sixties » de par les tenues qui ne sont pas sans rappeler celles de Saint Laurent avec les costumes impeccables de George et sa Cadillac, emblème de cette décennie.

Une façon de filmer ultra artistique et une sensibilité rare allié à un discours toujours juste et pertinent. La griffe d’un maître. Tout simplement !