Amateur d’Art depuis des lustres, je suis réfractaire à aucun style d’expression mais parfois, j’avoue, l’Art moderne m’échappe un peu et me dépasse. Mais il n’empêche que je tente à chaque fois quand même l’expérience…
Et le week-end dernier, j’ai profité d’une petite virée shopping et promenade sur Nîmes pour faire un tour au Carré d’Art. Lieu à l’architecture ultra moderne fait de métal et de verre trempé qui vaut par elle seule le détour.
Et là, à ma grande surprise, ce ne fut pas une mais deux expos temporaires à parcourir en ce » lieu jusqu’au 18 avril 2010. La broderie étant au centre de leur travail. Mais attention, on ne fait pas dans la dentelle!
D’un côté, celle d’Isa Melsheimer (pour moi une illustre inconnue jusqu’à lors) et de l’autre, Michael Raedecker (autant inconnu pour moi que la première!). Ce fut donc une totale découverte de ces 2 artistes. Leur point de rencontre: la broderie… Autant dire qu’il ne fallait pas perdre le fil
La première expo, celle de Isa M., présentait de l’art moderne pur avec des oeuvres faites de broderies, de fils, certaines plus ou moins explicites et d’autres très décalées laissant libre cours à l’imagination du visiteur.
L’artiste nous amène à tisser une réelle réflexion sur les notions d’instabilité et de disparition inhérentes au monde moderne en mettant en avant à travers ses œuvres l’écologie nécessaire à un renouveau et au bien collectif.
Par contre, le plus surprenant était à deux reprises, des compositions faites de morceaux de verres et formant des reliefs. Des carreaux avaient été retirés du sol du musée pour que les reliefs apparaissent telless des stalagmites émergent du sol. Impressionnant, inattendu et excessivement esthétique!
D’un autre côté, Michael R. opte pour un tout autre univers, un traitement de la broderie inédit. Sur des toiles, parfois gigantesques, il remplace la peinture par la broderie.
Le fil devient trait et dessine les reliefs. Il arrive avec une dextérité peu commune à insuffler du mouvement toujours avec fluidité et légèreté. Il revisite des genres décriés pour un certain conformisme académique et leur redonne une absolue modernité comme pour les paysages et les natures mortes.
Sur des camaîeux de gris, il brode des sujets domestiques qui en deviendraient presque extraordinaires comme le linge séchant au vent. Mon coup de coeur… absolu!
Deux expos complètement différentes qui donnent à la broderies des perspectives résolument novatrices. A voir sans faute!


