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InterroGay: « Je fais gay et alors ? » [Part 1]

Proud to be ourselves!

« Tu penses que je fais gay ? », voici la question récurrente des gays qui n’assument pas leur côté efféminé et leur homosexualité au grand jour en général.

Constatation faite, après plus d’une décennie de gaylife,  qu’assumer ses manières, sa façon d’être c’est avant tout assumer ce que l’on est, à savoir gay.

En effet, avoir un côté efféminé pour un mec rime avec homosexualité, à tort ou à raison car n’oublions pas les nombreux métrosexuels plus ou moins maniérés et lookés gays qui sont pourtant bel et bien hétéros ou a contrario, les gays qui ont une allure de parfait hétéro.

Conséquence pour les mecs gays et efféminés qui ne trouvent pas la force et le courage de sortir du placard : un véritable enfer !

Aller en permanence contre sa nature, refreiner son enclin aux manières, aux gestes, contrôler sa voix, ses expressions… Toute une série de signes qui pourraient faire penser qu’il est gay. Puis, constamment se demander s’il peut faire tel ou tel geste, porter telle ou telle fringue dans la perpétuelle obsession de savoir si « ça ne fait pas trop gay ».

Autant dire que la tâche est difficile et ce que l’on appelle si vulgairement « les folles honteuses » mènent un combat perpétuel éreintant pour avoir l’air de ce qu’ils ne sont pas et psychotent à l’idée que les autres se rendent comptent du pot aux roses…

Effets secondaires : mal dans leurs peaux, dédoublement de personnalité et souvent une double vie avec une vie (plus ou moins restreinte) où ils se permettent d’être eux-mêmes et une autre où ils feraient tout et n’importe quoi pour le cacher, de quoi devenir complètement schyzo !

Lorsqu’on découvre son homosexualité, les années collèges n’aident en  rien à s’affirmer. Souvent confrontés à des bourrins de base homophobes à souhait, on tente plutôt de limiter le flot d’insultes… Je cite: « sale tapette », « taffiole », « pédé » et j’en passe en faisant de son mieux pour paraître un peu moins gay que ce qui devrait être. Par contre, à l’intérieur c’est des années en général pas « gay » du tout.

Puis ça s’améliore un peu au lycée, les australopithèques se sont barrés en CAP plomberie ou en BEP bétonnerie et bref, on se sent déjà plus tranquilles. Adieu les insultes homophobes qui s’abattaient sur certains d’entre nous à longueur de journée. Ouf! Premier soulagement…

Puis vient le temps du lycée, généralement meilleur sauf peut-être pour la seconde car ils reste encore des rescapés du BEP futurs bofs et qui finiront par être réorientés en fin d’année… La fin du lycée sonne l’heure d’une certaine amélioration, même s’il reste bel et bien quelques homophobes, ceux-là ne sont généralement pas véhéments et je permettent juste quelques moqueries entre potes hétéros mais sans plus vous agresser. Déjà ça semble relever du miracle!

Bref, pour en revenir à ma petite personne, autant dire que mes années collèges ne furent pas roses, j’ai décuvé de ces années-là pendant ma seconde et l’atmosphère ambiante propice m’a poussé vers la résolution de ne plus me cacher et de m’assumer totalement tel que j’étais que ça plaise ou non!

A mon grand étonnement, moins introverti et me montrant moi-même sans plus contrôler mes faits et gestes pour les rendre « moins gay », les gens ont commencé à venir vers moi, à me parler et à avoir envie de me connaître. J’étais enfin devenu quelqu’un car à force d’avoir voulu gommer ma personnalité tout au long de ces années j’en étais devenu fade et insignifiant, sans grand intérêt pour tout dire. Me révéler et m’assumer m’a finalement permis de me remettre en valeur et de donner envie aux autres d’aller vers moi, ces autres se foutant éperdument de savoir si j’étais homo ou pas!

A ce moment là, j’étais super fier d’avoir pris la décision de m’assumer, moi et ma façon d’être, et de voir que j’avais la côte ! Mon premier défi gay était réussi !

Une décision en entraînant une autre, à mon entrée en fac de lettres, ayant déjà révélé à tous mes amis proches que j’étais gay et tout le monde l’ayant accepté aisément, ma décision fut prise de l’annoncer à ma famille.

Plus envie de jouer à faire semblant ! Simplement envie que mes proches m’aiment pour ce que j’étais et non pour ce qu’ils voudraient que je sois. Coming out certes un peu difficile comme pour la plupart dans un premier temps mais une acceptation rapide car mes proches ont vite compris que je n’avais pas honte de qui j’étais.

Tout ce cheminement pour en arriver à une constatation simple : s’accepter et s’affirmer est incontestablement le meilleur moyen pour se faire accepter des autres.  Ne pas avoir honte de ce que l’on est, de certaines de ses différences, ne pas les surexposer ridiculement mais juste les assumer pleinement pour se sentir bien car on a plus tendance à critiquer quelqu’un qui a honte de lui plutôt que quelqu’un qui s’assume.

La suite dans le prochain épisode à suivre!!!