
Date de sortie : 02 Septembre 2009
Réalisé par Haim Tabakman
Avec Zohar Strauss, Ran Danker, Ravit Rozen
Film français, allemand, israélien.
Genre : Drame
Durée : 1h 30min.
Distribué par Haut et Court
« Tu n’aimeras point ». Ce titre ressemble à un commandement comme «Tu aimeras ton prochain… » et après avoir vu le film l’on se dit que le titre a été judicieusement choisi!
En effet, ce film dépeint la condamnation de l’homosexualité par la religion dans une communauté juive orthodoxe dans laquelle la religion régente le quotidien et dicte une conduite de vie stricte pour être perçu quelqu’un de respectable.
Le « plus » du film n’est évidemment pas de parler d’homosexualité, ce qui est devenu d’une banalité extrême autant à la télé (avec les diverses TV réalités parfois douteuses…) qu’au cinéma avec des films oscillant du comique au tragique (Comme les Autres, l’Homme de sa Vie, Bruno et j’en passe…) mais d’opter pour un angle particulier, résolument différent qui n’a pas un goût de déjà vu!
Synopsis:
Aaron est boucher, père de famille sans histoire avec femme et enfants et fait partie de la communauté juive orthodoxe de Jérusalem, très extrémiste et conservatrice. Un jour, il passe une annonce pour trouver un employé pour sa boucherie. Ezri rentre dans sa boucherie et dit qu’il est à la recherche d’un travail pour pour pouvoir étudier. Aaron, après hésitation, va l’embaucher et le loger dans la boucherie.
Suite à l’irruption de cet étranger dans ce cercle fermé, une relation de désir va s’installer entre les deux personnages. Désir absolument condamné par cette religion qui juge l’homosexualité comme un péché grave.
Toute la beauté du film est de traduire cette tension et confrontation permanente entre le désir et la morale religieuse.
Aaron repousse une première fois Ezri, même s’il est tenté de succomber au désir, et lui dit qu’il faut arriver à lutter contre le désir pour pouvoir être quelqu’un de bien, de moral et respectable.
Puis la balance finit par pencher de l’autre côté et Aaron cède au désir et à la tentation. C’est une passion dévorante à laquelle il va se livrer éperdument mais va toujours vivre cette relation à l’abri des regards afin de ne pas être renié du groupe.
Le film montre du sexe entre deux hommes mais aussi une véritable histoire d’amour qui ne peut être vécue à cause des règles instaurées par une religion ultra conservatrice.
Comme un amour perdu et qui ne devrait pas l’être avec une phrase qui m’a donner des frissons:
« Maintenant je vis, avant lui j’étais mort » prononce Aaron pour se justifier auprès de son supérieur dans la communauté.
Une histoire d’amour avortée à cause de l’emprise de la religion castratrice au quotidien empêchant d’aimer et de vivre sa vie en toute liberté.
Un film fort, poignant et émouvant. Une tragédie intelligente qui pousse à la réflexion: les différentes perceptions de l’homosexualité selon le contexte social, professionnel, religieux (…) et les « écarts de vies » entre les gays selon le cadre, le contexte… Un cinéma de qualité autant par le fond que par la forme (avec une façon de filmer exceptionnelle). Un film à ne rater sous aucun prétexte!